O'ling

Sur la boîte


un jeu de Pascal Nivesse
de 2 à 4 joueurs
à partir de 7 ans
15 minutes
40 Euros


boîte

Pour aller plus loin :

Le site de l'éditeur

Le jeu

Lors du festival Utopiales 2005 à Nantes, j'ai rencontré Pascal Nivesse, visiblement très déçu de l'accueil qui était réservé à son jeu O'ling : les premières critiques sorties étaient très mauvaises, et l'auteur-éditeur avait des difficultés à faire sa place auprès d'éditeurs plus "installés". Je proposais à Pascal de me faire parvenir son jeu pour que je l'essaie et donne mon avis ; je le remercie de s'être "prêté au jeu".

Le matériel

La boîte d'O'ling est imposante, son graphisme est assez réussi. Cependant le matériel n'est pas très pratique : les cases du plateau sont des petites bosses où l'on doit poser les pions ; les pions ne tiennent pas très bien sur ces bosses ; un mauvais geste risque de tout faire bouger au beau milieu d'une partie !

plateau

La règle

La règle est écrite au verso de la boîte, en six langues différentes, avec des illustrations. C'est un peu sommaire, et la rédaction tient plus à une explication des mécanismes avant achat qu'à une véritable règle. Un feuillet de règles à l'intérieur serait nécessaire. Le jeu étant auto-édité, ce petit défaut est compréhensible, d'autant qu'il est possible d'avoir une règle détaillée en s'adressant à l'auteur.

Chaque joueur pose à son tour trois pions en démarrant par un angle du plateau ; les pions posés doivent former une chaîne comprenant le premier pion. Lorsqu'on croise une chaîne adverse, il est possible de la couper en posant son pion sur celui de l'adversaire (un seul empilement est possible). La partie est gagnée lorsqu'on a réussi à atteindre le point de départ d'un adversaire.

La partie

Les parties de O'ling sont très rapides ; le moment le plus intéressant est bien sûr la rencontre des deux chaînes, où pendant quelques tours, les joueurs vont s'affronter pour garder une position de force. A deux joueurs, le suspense tombe assez vite, et les derniers coups sont très "mécaniques". 

partie

Un exemple de milieu de partie

Comme un seul empilement est possible, les premiers pions posés sont autant de positions potentiellement imprenables pour les adversaires.

En conclusion

O'ling est à mon avis desservi par son matériel, sa règle, et son prix. C'est un jeu tactique, sans prétention, qui permet de passer un bon moment, principalement avec des enfants. Je lui préfère d'autres jeux abstraits, tels que Blokus, qui s'adresse au même nombre de joueurs ; cependant je ne refuserais pas une partie de temps en temps. 

O'ling n'est pas un jeu révolutionnaire, et ne conviendra pas à des férus de stratégie, qui trouveront plus leur compte avec "A travers le désert" ; cependant il ne mérite pas, à mon avis, les très mauvaises critiques qu'il a pu recevoir. 

On a comparé "O'ling" à "Twixt", le classique jeu de connexion de Alex Randolph ; je trouve qu'il se rapproche plus de "Sisimizi", du même auteur, un jeu où l'on doit développer des colonies de fourmis au travers du plateau, et où il est possible de croiser les chaînes des adversaires. Si vous cherchez "Sisimizi", plutôt difficile à se procurer, essayez "O'ling", qui pourrait vous satisfaire...